Pour la première fois en France, un grand classique de la littérature ukrainienne va être monté et représenté dans une coproduction et une distribution d'acteurs français et ukrainiens avec :

La compagnie de théâtre L'Echappée Belle propose à l'occasion du 15ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl le projet théâtral intitulé :

Le champ de sang, de Lessia OUKRAINKA

A l'époque, Judas trahit Jésus…
Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ?




 
  Lessia Oukraïnka (1871-1913) est le pseudonyme de Larissa KOSATCH-KVITKA. Née dans la province de Volynie en Ukraine, elle est devenue une des plus grandes poétesses de l’Ukraine et est considérée comme une des femmes les plus cultivées de son temps par sa connaissance des littératures du monde, ses nombreux voyages et la maîtrise de 8 langues étrangères. Elle commence à écrire à l'âge de 9 ans ; et certains de ses poèmes sont déjà publiés alors qu'elle n'a que 12 ans. Son premier recueil lyrique est édité à Lviv en 1893. Ses plus grandes réalisations furent des pièces dramatiques remplies d’allégories historiques et exotiques, basées sur des thèmes de pays lointains et anciens : Babylone, la Grèce, les Romains, les Hébreux, l’Espagne, la France. Dans ses drames, elle aborde des problèmes philosophiques, moraux et psychologiques qui se révèlent universels. Le dynamisme, la puissance dialectique, la profondeur de la pensée et le caractère marqué de ses héros sont les caractéristiques principales de ses pièces. Parmi ses oeuvres on peut citer : "Cassandre", "Dans les Catacombes", "Captivité en Babylone", "L’invité en pierre", "L’Orgie"…  
 

 

Le champ de sang, écrit en 1910, est une interprétation originale des faits et raisons qui ont amené Judas à trahir Jésus Christ.

« Alors Judas qui l'avait livré, voyant qu'il avait été condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d'argent aux grands prêtres et aux anciens : "J'ai pêché, dit-il, en livrant un sang innocent". Mais ils dirent : "Que nous importe ? A toi de voir". Jetant alors les pièces dans le sanctuaire, il se retira et s'en alla se pendre. Ayant ramassé l'argent, les grands prêtres dirent : "Il n'est pas permis de le verser au trésor, puisque c'est le prix du sang". Après délibération, ils achetèrent avec cet argent le "champ du potier" comme lieu de sépulture pour les étrangers. Voilà pourquoi ce champ-là s'est appelé jusqu'à ce jour le "Champ du Sang". » [Evangile selon St Mathieu 27, 3-8]

Le thème de la pièce porte sur la rencontre, très peu de temps après la mort de Jésus sur la croix, de deux personnages à Jérusalem, ou dans les environs proches, au lieu dit l'ancien "champ du potier". Un pèlerin, le long du champ croise le nouveau propriétaire, Judas. Un dialogue s'instaure au cours duquel le pèlerin reconnaît son interlocuteur. Celui-ci, se voyant découvert, expose sa version de ce qui est arrivé à Jésus et du rôle qu'il a joué. Il se justifie, en accusant de trahison le Christ lui-même.

Ne faisons-nous pas la même chose, en nous plaçant dans la même logique que Judas, dans nos rapports avec notre prochain ? Logique qui nous mène à la trahison et à la mort. Quelle est cette logique ? Le dialogue du pèlerin et de Judas est le combat juré entre le bien et le mal, les ténèbres et la lumière, la sainteté et le péché.

 
 

 




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Voix d'Ukraine - Août 2001.
Oleh & Anna Tkos